Rencontre et projection autour du cinéma de Patricio Guzmán

Ce qu’il reste de la mémoire/1



Rencontre et projection autour du cinéma de Patricio Guzmán

Cinéma Spoutnik
Lundi 2 déc, 19h
Nostalgie de la lumière (Nostalgia de la luz)
Patricio Guzmán, Chili, 2010, 94’, coul., DCP, vo espagnol st français/allemand
Mardi 3 déc, 19h
Le Bouton de nacre (El botón de nácar)
Patricio Guzmán, Chilli, 2015, 82’, coul., DCP, vo espagnol st français
« Habiter la Terre, habiter les temps » 1
Rencontre-discussion à la suite de la projection.
Une approche des films documentaires de Patricio Guzmán par David gé Bartoli et Sophie Gosselin. Médiation Anna Barseghian et Stefan Kristensen


Cinéma Grutli
Mercredi 4 déc, 19h
La Cordillère des songes
Patricio Guzmán, France, Chili - 2019 - vost - 85' - Couleurs - Numérique

La Cordillera de los sueños est le dernier volet de la trilogie de documentaires poétiques et géographiques que Patricio Guzman a consacré au Chili. Chacun de ses films convoque un environnement différent : le désert dans Nostalgie de la lumière (2010), l'eau dans Le bouton de nacre (2015) et dans ce dernier film, c'est la montagne auquel se frotte Guzman. 


Patricio Guzman sera présent lors de la première de La Cordillera de los sueños pour présenter son film et rencontrer le public, le mercredi 4 décembre à 19h, également en présence de David gé Bartoli et Sophie Gosselin, philosophes, auteurs du livre Habiter la Terre, habiter les temps (Editions Dehors), une approche des films documentaires de Patricio Guzmán.
Comment rendre justice aux disparus ? C’est la question qui hante et habite les films de Patricio Guzmán, lui qui a dû s’expatrier en France pour réapprendre à vivre avec son pays natal (le Chili) que la dictature de Pinochet avait rendu inhabitable. A travers la composition des films documentaires, Guzmán redonne vie, entrelaçant des trajectoires, des temps et des existences qui demandaient à reprendre corps et à retrouver une place dans le monde. Ses films expriment ainsi le sentiment d’une perte qui porte sur les disparus, mais aussi, à travers eux, sur notre relation au cosmos. Car nous avons perdu le monde, nous avons perdu l’épreuve cosmique qui rendait possible l’habitation d’un monde. Réapprendre à habiter ne sera possible, nous dit Guzmán, qu’à reconnaître notre condition terrestre, c’est-à-dire à accueillir la multiplicité des temps qui forment la Terre, l’enveloppent et la débordent à la fois. C’est pourquoi le travail de mémoire qu’il met en œuvre articule la dimension humaine et la dimension terrestre ; ses films réveillent la mémoire de la multiplicité des existants qui composent la Terre, qu’ils soient humains ou non humains.
Son travail se construit depuis l’expérience de l’absence, du spectre, de la trace, réinventant ainsi la pratique du montage cinématographique : à travers des jeux de correspondance, ses films font surgir ce qui, des disparus, persiste dans les failles et les intervalles, à même la matière du paysage. Alors, ces « disparus » revivent mais autrement, plus largement, avec nous et parmi nous les vivants, et plus intimement, avec tout ce qui nous entoure. Ils sont ces existants qui n’en finissent pas d’habiter la Terre et les étoiles lointaines. 

David gé Bartoli et Sophie Gosselin sont tous deux membres du comité de rédaction de la revue en ligne Terrestres et responsables de publication aux éditions Dehors. Ils ont co-animé un séminaire de deux ans au Collège International de Philosophie (2012 et 2013) au cours duquel ils ont présenté les recherches menées dans le cadre de l’écriture d’un ouvrage commun : La souveraineté du dehors : l’invention du collectif et la libération du commun. Cet ouvrage tente de repenser les fondements du politique dans une perspective non anthropocentrique.
Evénement est conçu par Anna Barseghian
organisé en collaboration avec Utopiana, cinémas Sputnik et Grutli.

soutenu par le Fonds Municipal d'Art Contemporain, Les réverbères de la Mémoire, pour plus d'information regarder ici. 

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