Ce qu’il reste de la mémoire


Suite à une rupture historique telle qu’un génocide ou un coup d’état militaire qui extermine un grand nombre de personnes et qui en exile beaucoup d’autres, la mémoire est une urgence et une angoisse à la fois. Une urgence parce que seule la mémoire relie le survivant à son passé et lui permet d’enjamber la blessure irréversible. Une angoisse parce que, plus la distance s’accroît, plus la solitude se creuse, plus le temps s’écoule, plus la mémoire s’étiole et s’évanouit. La maintenir est d’autant plus nécessaire que le négationniste, le cynique, le fasciste est toujours présent qui fait résonner l’injonction contradictoire : prouve-nous que tu as été assassiné ! Et le survivant s’exécute, mais s’il est vivant, il ne peut pas avoir été victime, puisqu’il est censé être mort, en tant que visé par les bourreaux. Il ne peut que s’accrocher à sa pauvre mémoire, qui incarne la mort qui s’est nichée en lui à jamais.
Cette programmation réunira plusieurs rencontres filmiques en lien avec des pratiques documentaires, à la frontière entre réalité et fiction : le travail de déconstruction des récits, le paysage et la question de la mémoire, la question de la génération ou de l’évènement, les résonances et dissonances, la fabrique de la réalité, les fantômes et les spectres.
Ce qu’il reste de la mémoire est soutenu par le Fonds Municipal d'Art Contemporain, dans le cadre du projet «Les Réverbères de la Mémoire». Plus d'information ici

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