Ateliers de réflexion I 1000 Écologies

Alain Kaufmann et Yoann Moreau: Habiter terrestre, hospitalité terrienne: faire mondes avec les fictions, les non-humains et les non-modernes



15 septembre 2019, 14:00-18:00, Le Commun

La notion classique de sujet (cartésien) est prise en défaut par les ordres de temporalité (une ère, au sens géologique) et de spatialité (la Terre en tant que planète) mis en jeu dans l’Anthropocène. La déprise est multiple, qui concerne non seulement les dimensions physiques, mais aussi affectives (sidération), politiques (irruption de Gaïa), ontologiques (disparition de l’extériorité), morales (Capitalocène, Occidentalocène, etc.), rythmiques (disruption, accélération, multiplicité des Anthropocènes) et épistémologiques (causalité diffuse, temps longs, effets papillons). De nombreux auteurs peuvent nous permettre de penser ces différents aspects (Isabelle Stengers, Bernard Stiegler, Philippe Descola, Dominique Bourg, Donna Haraway, Jean- Baptiste Fressoz, Christophe Bonneuil, Francis Chateauraynaud). Chacun de ces auteurs déploie une argumentation critique à l’égard du concept d’Anthropocène, en faveur notamment d’une respon- sabilité différenciée, contre l’idée d’un déterministe qui s’imposerait désormais aux acteurs humains via les données objectives fournies par les sciences du système Terre.

La plupart de ces approches achoppent cependant à articuler le sentiment d’existence, le vécu individuel de cette transition cosmopolitique, avec le nous censé réunir les acteurs humains et non-humains de l’Anthropocène. L’opposition souvent formulée entre un bon Anthropocène, occasion d’une amplification d’un délire de maîtrise et un mauvais Anthropocène censé nous inciter à interroger l’hubris de la modernité, constitue un moment de bifurcation cosmopolitique qui interroge toutes les disciplines des sciences humaines et sociales ainsi que des sciences de la nature. Nous tenterons de proposer une vue cosmopolitique des sujets de l’Anthropocène.

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